1 Corinthiens 1, 17- 2,5 Deux sagesses

Nous avons vu la semaine dernière que Paul écrivait aux Corinthiens suite à plusieurs problèmes rapportés par des amis.

Le premier problème que Paul mentionne est celui de la division entre les chrétiens Corinthiens. Dans le passage d’aujourd’hui Paul semble indiquer que si le groupe expérimente ces problèmes, c’est parce qu’il a été séduit par la sagesse du monde.

Dans notre passage Paul oppose deux sagesses qui sont incompatibles :celle de Dieu et celle des hommes.

  I. La prédication de la croix v.s les sagesses humaines

Lire versets 17-25

Pour Paul la sagesse du monde est une folie. Pourquoi ? Parce qu’elle cherche à régler le problème humain de manière autonome à Dieu, au lieu de demander de l’aide à Dieu.

Du point de vue humain, le message biblique est ridicule. A l’époque, les Corinthiens étaient entourés par deux formes de “sagesse”

1)     celle des Juifs. Ils demandaient des signes.  Les Juifs pensaient que leur problème était qu’ils étaient un territoire occupé et qu’un Messie devait venir les libérer pour qu’ils soient indépendants politiquement. Ils voyaient le Messie comme un libérateur militaire et demandaient des signes en ce sens. Mais ils n’étaient pas prêts à entendre les déclarations de passages de l’Ancien Testament qui faisaient référence à un Messie souffrant ou maudit (Deutéronome 21, 23 et Esaïe 53).par conséquent pour eux le message d’un Christ cruficié pour les hommes était ridicule.

2)     celle des Greco-romains

Pour eux , la relation entre le divin et les hommes était une relation d’apathie : dieu ne ressentirait rien ou serait détaché des affaires humaines. Le problème humain était un manque de connaissance et de sagesse.

Pour eux, qui accordaient beaucoup d’importance à la recherche intellectuelle et aux discussions philosophiques poussées, l’idée qu’un Dieu s’incarne pour venir à la rencontre des hommes, souffre et meure; était un concept barbare et complètement abject. Ils préféraient débattre de multiples théories plutôt que de trouver des solutions aux questions pressantes de l’existence.

La folie-sagesse de Dieu : A côté de cela, se tient le  message biblique  qui répond correctement  au problème humain et est confirmé par l’état du monde actuel. Dieu a choisi de montrer sa vraie sagesse et son  intelligence en mettant en place un plan  pour montrer qui il est  vraiment et en même temps anéantir les suspicions que l’on peut avoir envers lui. (développer: annonce de l’arrivée d’un Messie pour nous sauver)

v 21. On ne peut  trouver Dieu indépendamment de sa révélation , et c’est là que Dieu révèle la folie humaine (même si la révélation naturelle : l’univers et l’intelligence humains peuvent nous faire arriver à la conclusion qu’Il existe). Ce n’est ni dans la recherche intellectuelle poussée, ni dans des élucubrations humaines, ou tentative de retrouver une harmonie intérieure etc. que l’on peut rencontrer Dieu. Rencontrer Dieu, implique que l’on accepte que notre jugement sur la vie/ le monde jusqu’à présents nous ont égarés, et d’accepter son verdict sur notre cœur :  que nous sommes en rébellion contre  lui et que nous cherchons par tous les moyens à être indépendants de lui, et d’accepter le pas qu’il a fait pour remédier, lui , au problème : de mourir à la croix pour nous sauver.

Si l’enseignement de la Bible nous parait une folie, c’est  peut-être parce que nous n’appartenons pas à Dieu (nous verrons cela en détail  la semaine prochaine) nous n’avons pas son esprit (voir 1 Corinthiens 2, 6-fin). Pourquoi ne pas le lui demander?

Question pour le groupe : On a vu les deux « sagesses » de l’époque. Quelle est, selon vous la/ les sagesses actuelle(s) ?

-          La notion occidentale de l’importance de la réalisation de soi, et de l’individualisme ( qui passe par le matérialisme, la réalisation des désirs, prouver qui l’on est, l’introspection)

-          L’importance du développement intellectuel, la connaissance (culture): proche des grecs

Question : Quels pourraient être les indices que nous, en tant que chrétiens, suivons cette façon/ ces façons de penser ?

-          La relation avec Dieu doit rester un hobby : les priorités de Dieu ne doivent pas empiéter sur mon temps précieux/ mes plans

-          Intellectualisme poussé/sec sans développer un cœur plus ouvert aux autres.

 

II.                  Le succès selon Dieu

Lire versets 26- 2 cor, v5

Paul nous montre ensuite que la sagesse de dieu a des conséquences sur sa manière de procéder : les personnes qu’il utilise pour répandre le message de la croix. Pour Dieu, les gens aptes ne sont pas forcément ceux que les hommes jugent aptes. C’est un des aspects ou Dieu nous parait souvent “fou” ou surprenant et ou on se dit qu’il nous dépasse largement.

Avant de continuer voyons d’abord ce que qu’un « winner » n’est pas selon Dieu .

Ce n’est pas quelqu’un à la personnalité éclatante, quelqu’un d’influent, de talentueux. Si on observe un peu les personnages bibliques, leurs défauts sont criants : Moïse était timide, peureux et demanda même à Dieu d’envoyer quelqu’un d’autre à sa place. David était quelqu’un qu’on considérerait comme un « bouseux », un campagnard et pourtant Dieu choisit de se servir de lui. Paul était quelqu’un de colérique,  pas éloquent selon les excellents critères Gréco-Romains de l’époque ( voir notre passage) avec une maladie récurrente qui le rendait repoussant.

La définition que Dieu a du succès est bien différente de celle que l’on se fait. Sa définition requiert un cœur humble devant lui, qui reçoit Christ et qui peut commencer une relation avec lui. Voilà le succès selon Dieu : un homme qui a accepté son besoin de ce que Christ a accompli. Et quelqu’un qui choisit de vivre sa vie selon le cœur de Dieu et qui le laisse le transformer pour toucher son entourage afin que d’autres puissent le connaître. Voilà une vie réussie selon Dieu. Encore une fois, ce n’est pas du tout ce à quoi on s’attendrait.

Lire 1 Corinthiens 2: 1-5

Dans ce paragraphe, Paul cherche à mettre en contraste ces aspects de sa propre personnalité, que Dieu utilise, avec celles de l’homme idéal selon les Gréco-Romains : quelqu’un qui a une apparence particulière, un style oratoire paufiné, une confiance et assertivité à toute épreuve. Ce qui est encourageant, c’est que Paul, un des hommes les plus efficaces de l’histoire du christianisme affirme qu’il n’était pas :

-Eloquent selon les critères humains (voir 1 cor 2, 1 et4)

-Sans peur et jamais découragé. ( 1 corinthiens 2,3)

-”Super spirituel” (1 corinthiens 2, 3), avec une confiance à toute épreuve

Il ne serait pas un gars que l’on inviterait sur les plateaux télé.

Mais Paul savait qu’il était efficace pour Dieu. Dieu appuyait sa prédication de la vérité par une « démonstration d’Esprit et de puissance » parce que la vie de Paul avait été changée par l’amour de Dieu et qu’il la menait pour mettre en avant ce message, et que les autres pouvaient le voir. Il savait que l’essentiel est d’être un bon représentant de Dieu en étant une bonne image/ miroir de l’amour de Dieu envers les hommes ( Voir 2 cor 6 : description d’un bon ambassadeur)

Implication: La bonne nouvelle est que nos défauts, nos peurs ne nous disqualifient pas pour être porte parole de Dieu. Si l’on partage la vérité de manière sincère, combien Christ change notre vie, et si l’on dépend de Dieu pour nous aider quand on fait ce pas de foi, on sera efficace et on verra des gens venir à Christ à travers notre témoignage.

Si notre relation avec Dieu est devenue fade, c’est peut-être que nous acceptons une définition du succès qui vient du monde et non de Dieu.

Question Est-ce qu’on peut voir les implications pour le témoignage, la vie communautaire sur ce point?

-          Tout le monde peut être efficace si l’on dépend de Dieu. Dieu nous a créé tel que nous sommes pour toucher notre entourage.

-          Le succès dans le ministère est intéressant : la manière de procéder biblique est pour le moins étonnante. Il ne s’agit pas de mettre en place des programmes, d’organiser des évènements, d’avoir les meilleurs enseignants… mais tout d’abord de laisser Christ nous changer et partager ce que l’on apprend avec les autres. Mais cela requiers d’être  prêt  à entendre de ce qui pourrait être un frein à notre croissance (désobéissance dans certains domaines) ou à notre témoignage. (voir cet enseignement) ce que bien souvent on rechigne à faire car c’est plus difficile… 

~ par coffeebean24 le 21 janvier 2012.

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